Quand le monde est chaotique, ne force pas l’apaisement, laisse plutôt que ce soit lui à te retrouver.
C’est une chose difficile que de l’insérer dans un environnement étriqué et complexe. Impossible de le rencontrer au tournant des mille et une chose à faire. Timide, mais fidèle, il reste coït, attend le moment où il peut éclore, le moment seul entre deux rendez-vous ou obligations.
L’émerveillement vient le chatouiller quand le merle chante devant le ciel bleu, un matin de printemps. Des instants de pleine solitude l’éveille. Des éclairs artistiques l’évoquent.
Car l’apaisement accompagne le sentiment de vivre.
De vivre.
Qui n’est pas la même chose qu’exister. Quand on court, on vit sans vraiment occuper la vie.
Le sentiment de vivre se niche dans les mailles des journées, dans les interstices d’oxygène. C’est là où on respire. Il loge dans la conscience de respirer.
Ces moments de présence, légère ou profonde, battent la mesure de ce qui est mémorable, au final. De ce dont on va se souvenir, à la fin. Tout le reste se fondra dans le décor.
Sois donc fort, et entre dans ton corps.
Là, tes pieds auront un point d’appui solide.
Penses-y avec la plus grande attention,
Ne va pas te promener ailleurs!
Rejette toute pensée de choses imaginaires
Demeure ferme dans ce que tu es.
— Kabir
Apaisement et allégement ne sont pas encore paix et légèreté, mais ils donnent certainement un aperçu de ce que la vie peut être autrement (autrement que le chaos et l’agitation ambiante).
Demeure ferme.
Quand tu te sens happée par le chaos, demeure. Ne cherche pas l’apaisement comme on a l’habitude de chercher une solution. Ça ne fonctionne pas comme ça.
Ce n’est pas en le cherchant que tu peux le trouver.
Demeure ferme.
L’apaisement va venir à toi, car il percole dans l’espace que tu lui crées.
Quand on fréquente assidûment le geste de chercher, de poursuivre un but, on ne fréquente pas le geste de trouver. C’est une toute autre action, en fait. Une toute autre intention.
Pour trouver l’apaisement, il faut rester ferme.
Où le trouve-t-on, alors?
On sait déjà où: notre petite voix le sait, du moins. On trouve soi-même quand on cesse de forcer dans les autres directions.
Car paix et présence se tiennent la main.
On se retrouve soi quand on ne se cherche pas ailleurs.