Le bonheur n’est pas la destination du voyage : C’EST le voyage. Le chemin vers le bonheur c’est le chemin.

Et ça se fait étape par étape. Pas avec des étincelles et des fanfares.

Il se forme par l’attention qu’on porte aux pensées que nous entretenons, aux mots que nous utilisons, aux habitudes et aux gestes quotidiens. On s’entraine à laisser entrer le bonheur par effet d’accumulation.

En clair,  c’est le fait de s’accorder personnellement, instant après instant, à ce qui est naturel, harmonieux, source de joie.

Cela émane d’un travail conscient. Il n’arrive pas un jour, de nulle part, et il ne vient pas de quelqu’un. Il se cultive, il se soigne tendrement, il se permet. 

On ne peut pas forcer son chemin: il se marche à petits pas.

Comment reconnaître le chemin

Souvenez-vous du chemin de moindre résistance, celui qu’emprunte l’eau.

Peu importe la taille de l’obstacle, la pression de son opposition, s’il pleut, vente ou fait soleil: l’eau ne coule que là où elle trouve une issue naturelle.

Sans forcer, sans hésiter, sans être influencée par ce qui est dehors.

Toute intervention qu’on peut imposer ne change pas sa nature: l’eau va circuler là où elle met le moins d’effort, là où c’est naturel.

Notre corps agit de la même façon.

Lorsqu’on opère suivant ses besoins naturels, il baigne dans la paix, est rempli d’énergie et d’ouverture au nouveau. On évolue selon un enchaînement fluide et le fil de soie qui relit nos actions est l’amour de soi.

Vous l’avez ressenti au moins une fois dans votre vie, n’est-ce pas? Et bien, c’était lui votre état naturel. Vous touchiez à votre essence.

C’est lorsque le corps fait face à une force adverse, que le système nerveux envoie un signal. Cela arrive quand il doit se tordre pour accommoder ce que, tout naturellement, il considère comme un obstacle: “attention, droit devant on ne travaille pas en accord avec notre amour personnel, mais contre”.

Dans notre culture du sacrifice, c’est plutôt ce dernier état qui a été normalisé: nous forcer contre notre naturel.

Je vous laisse déposer cela un instant.

Comment cela se manifeste

Forcer contre notre état naturel gruge notre énergie, au lieu de nous en donner. Les signaux de stress, insatisfaction, dépression, anxiété, agitation, insomnie lèvent le drapeau.

On peut les ignorer, et c’est d’ailleurs ce qu’on fait la plupart du temps. “Car c’est comme ça que c’est depuis des siècles”, alors nous aussi, pendant des années, on force inconsciemment dans le sens de l’obstacle, et non pas du naturel bonheur.

Et les “On ne peut pas faire juste ce dont on a envie” finissent par nous amener à ne pas faire point ce dont on a envie, ou peu.

Notre existence devient étriquée ou de sacrifice. On donne notre temps à ce qui nous enlève de l’énergie, plus qu’à ce qui nous en donne — on perd l’équilibre. Et on finit par voir moins clair.

Notre corps est la boussole

L’engagement à l’amélioration de soi est en vérité l’engagement au bonheur.

Mais parfois la main est tellement enfoncée dans le tordeur qu’on a du mal à discerner ce qui est bon et pas bon pour nous.

Alors il faut revenir à l’essentiel: le diapason est toujours notre corps, le moment est maintenant.

Comment réagit le corps, notre système nerveux?

Les signaux sont faciles à repérer et arrivent à l’instant. Face à la prochaine chose qu’on doit faire:

  • Si ça dit oui, c’est l’expansion, la naturelle direction de l’univers : le coeur ressent la joie, l’énergie monte, il y a une ouverture immédiate aux possibilités;

  • Si ça dit non, le ventre et/ou le coeur contractent, la gorge se ferme, on a une hésitation, on ressent de la fatigue.

Mais parfois, ce n’est encore pas clair, car le mental est fort.

Le mental est bâti pour nous garder dans un confort connu (même si ce confort est la souffrance), car il déteste changer, il ne veut pas créer de remous, ou déplaire. Le mental travaille dans le sens des vieilles habitudes, des conditionnements, des croyances — autrement dit, des obstacles au bonheur.

Il peut donc faire douter des messages du corps.

L’astuce dans l’astuce

Pour avoir une confirmation ultime, il faut 1) poser la question comme si l’hypothèse ne se réalisait pas et 2) se concentrer sur les ressenti qui vient dans le quart de seconde qui suit, qui est soit de soulagement soit de déception. La première réaction est celle qui dit vrai – avant que le mental ne vienne rediriger le tir.

Exemples:

  • Vous ne savez pas si participer à un voyage. Imaginez: comment vous sentiriez-vous si ce voyage ne pouvait finalement pas se réaliser, pour toute sorte de raison? Que dit le corps: soulagement ou déception?

  • Vous ne savez pas si vous inscrire à une formation. Imaginez: comment vous sentiriez-vous si votre inscription ne fonctionnait pas? Soulagée ou déçue?

  • Plus délicat : vous ne savez pas si quitter votre partenaire. Imaginez: comment vous sentiriez-vous s’iel n’était plus dans votre quotidien? Plus légère ou en profonde tristesse?

  • Ou encore : vous ne savez pas si quitter un travail exigeant que vous faites depuis longtemps, mais que vous aimez. Imaginez: comment vous sentiriez-vous si on fermait votre poste en vous offrant un bonus de sortie? Heureuse ou abattue?

 Voyez dans le corps comment ça répond dans les premières secondes, c’est votre boussole. Expansion = oui. Contraction = non.

Quoi que l’on choisisse ensuite, le choix sera conscient. La voix du corps aura parlé. Vous saurez. Et on ne peut plus vivre en pilote automatique après.

Ce n’est pas plus difficile que cela

On a besoin de croire que ça prend des étapes au bonheur. Qu’on ne le mérite pas simple, ou qu’on va vivre heureuses quand quelqu’un va nous en donner la permission.

Mais vous ne pouvez pas rester victime de votre vie et vous attendre à ce qu’elle soit remplie de paix.

C’est à vous de choisir.

C’est vous qui êtes la seule protagoniste de votre vie.

Tout se déploie pour vous donner tout l’espace dont vous avez besoin afin de créer ce que vous voulez vraiment.

Merci d’être vous, merci de faire vous.