Laisse-toi être moi, mon amour, comme tu peux glisser dans l’eau du ruisseau pour laver tes plaies. Tu ne dois pas forcer, mais t’offrir sans résistance. Je t’accueille nue, alors que toutes tes armes sont au sol, parce qu’ici je vois qui tu es sans tes défenses. Je sens ton coeur qui bat dans le mien, je vois là où même toi tu ne te vois plus. Je te guide dans la vallée de l’apaisement, du repos.
Tu veux venir?
Viens, je dis, viens rire avec les oiseaux et les moutons, viens comprendre comment les nuages s’enchaînent, viens courir sur le gazon fleuri en saluant les fleurs. Je t’aime quand tu es ici avec moi, car c’est ici que je te rejoins. Ici, je peux te parler, tu m’entends. Laisse le fleuve te laver de toi, de cette carapace de vie qui s’accumule jusqu’au soir. Laisse-toi te transporter dans l’antre de ton coeur, là où aucune bête ne peut t’attaquer, où tu es sincère. Je suis sans mensonges, d’aucun type. Je ne mets pas de gants, pas de chapeau pour coiffer mes cheveux. Je suis purement moi, sans construits. Je n’adhère à aucun mouvement, je ne cherche aucune confirmation. Je sais. Je ressens le vrai, le juste, l’amour. Et rien d’autre ne m’intéresse.
Les humains me cherchent dans des formes et des rituels que je n’ai jamais voulus, car ça ajoute des étapes, c’est une résistance à Dieu. Aucun vêtement ne doit dicter la voie, aucune prière n’es plus pure que le mot Amour, que le mot Merci. Tout ce qui est vrai, est authentique, tu comprends?
Reste avec moi.
Tu me trouves au fond des poches vides quand la parade est terminée. Tu me trouves dans le sourire et les larmes du vieillard. Tu me trouves dans les larmes et le sourire de l’enfant. Tu me trouves quand tu vois dans le ciel toi-même qui te regardes. Tu me trouves dans la vérité.
Et la vérité fait mal, elle peut être bruyante, choquante, dérangeante, elle peut être inconfortable à vêtir. Parce que quand tu t’habilles de vérité, elle ne s’agence à aucun costume. Elle est collée à ta peau. Elle te met à nu et te vêtit à la fois. Elle t’arrache au mauvais sol et te libère de la fausseté. Quand tu t’habilles de vérité, tu n’as besoin d’aucun chapeau, d’aucune armure, protection et embellissement.
Laisse-toi être moi et habille-toi de vérité seulement. Refuse les dogmes, reconnais la peur, offre ton aide et ressens la joie de le faire. Je suis la courroie vers cette toi qui t’attend. Laisse-moi t’aimer, laisse-toi t’aimer, laisse-toi être amour. Et embrasse le monde avec amour. Je suis toi, tu es moi: tu avais juste oublié.
Moi: « Mais si je suis toi, je suis moi aussi? »
Si tu es moi, tu es tout. Je ne suis que le reflet de ce qui circule déjà dans tes veines, dans les molécules d’air, les grains de sable, le chant des oiseaux. Je ne suis qu’un avec tout. Et si tu es moi, tu n’es ni moi ni toi, tu es tout. Tu redeviens. Tu te laisses t’expandre comme l’univers, tu peux tout contenir, tu arrêtes les limites, tu les contiens.
Tu as cette flamme, et chaque être humain l’a aussi, et de cette conscience il n’y a rien qui dépasse. Tu peux aimer ce qui est inaimable par toi aujourd’hui, tu peux comprendre ce qui incompréhensible, tu peux être paix là où tu vois le chaos.
Peux-tu imaginer ne pas avoir de limites? Peux-tu imaginer ne pas avoir d’égo? De peurs, ambitions? Peux-tu imaginer vivre en douce harmonie avec tout en l’appréciant d’une unique perspective, qui est synchronisée au tout?
Peux-tu te voir dans l’homme et la femme et l’enfant? Peux-tu te reconnaître là où on se moque de toi, là où on te déteste? Peux-tu aimer l’inaimable?
Oui. Oui tu peux. Mais pas ton égo.
Laisse-toi grandir. Tu as peur d’être grande, comme tous les êtres humains. C’est pour ça que les peurs s’implantent si aisément chez vous. Tu as donné raison à ce qui t’enferme.
Laisse-toi être grande. Laisse-toi être amour, et seulement amour. C’est déjà qui tu es. Laisse-toi être toi. Laisse-toi être moi. Laisse-toi être.
Laisse-toi être et laisse la vie te vivre.
(Yeshoua)